Journal Officiel de la Société de Radiologie d’ Afrique Noire Francophone / Official Journal of the Radiological Society of Francophone Africa

Pertinence du télécœur dans la démarche diagnostique des patients admis aux urgences de l’Institut de Cardiologie d’Abidjan

Kouassi Paul N’ZI, N’guessan Judicael AHOURY, Ali COULIBALY, Fadouley Salimata COULIBALY, Corinne Patricia COMOÉ, Rémi Assi SÉKA

Résumé


Objectif : La démarche diagnostique pour les patients présentant une urgence cardiovasculaire ou thoracique demeure une tâche difficile en raison de la diversité des affections causales, ce qui justifie le recours à des examens d’imagerie dont le télécœur ou radiographie thoracique. Ainsi, notre objectif était d’évaluer la pertinence de cet examen dans la prise en charge des patients admis aux urgences de l’Institut de Cardiologie d’Abidjan (ICA).

Matériels et méthodes : De  septembre 2016 à mars 2017, nous avons analysé la qualité des demandes, la qualité des télécœurs demandés pour des patients admis aux urgences de l’ICA, ainsi que la contribution de cet examen à la prise en charge des patients, au regard du diagnostic final.

Résultats : Sur les 525 dossiers colligés, 410 ont été retenus pour l’étude. L’âge moyen des patients étaient de 49,46 ± 20,80 ans, avec une médiane de 52 ans et des extrêmes allant de 2 mois à 96 ans.  Le sexe ratio était de 1,3.

La dyspnée représentait 43,2% des cas motifs de demandes de télécœurs (soit 177 patients) mais son stade n’était pas précisé chez 160 d’entre eux soit 90,4 % des cas. Une faible proportion des patients ayant bénéficié d’un télécœur présentaient un état général altéré (41 sur 410 soit 10% des cas).

La date de naissance du patient était le critère administratif le moins inscrit lors des demandes d’examens La finalité de l’examen demandé a été précisée une fois (0,3% des cas). Dans 66,8% des cas (274 sur 410), le télécœur, a été effectué au lit des patients.

Les critères de qualité n’ont pas été respectés chez 270 patients radiographiés en position semi-assise ou couchée. La cardiomégalie (68 cas soit 21,5%) représentait l’anomalie la plus fréquente suivie de l’hypertension artérielle pulmonaire.

La cardiomyopathie dilatée représentait le diagnostic le plus retenu aux urgences avec 131 patients soit 32%. Or parmi eux, 98 avaient effectué leur radiographie en position semi-assise. Au total, le télécœur a été contributif chez 177 patients, soit 43,2% des cas.

Conclusion : Plus de la moitié des radiographies thoraciques demandées, l’avait été de manière abusive; car n’apportant aucune valeur ajoutée à la prise en charge diagnostique des patients (donc non pertinents) et ont exposé ceux-ci à des irradiations inutiles.

Mots-clés


Télécœur. Urgences cardiovasculaires et thoraciques. Pertinence.

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